L'Encre des Marées

J'ai pour toi un fleuve en Gaspésie

 

J'ai pour toi un fleuve en Gaspésie

Un magnifique fleuve bleu cramoisi

Au soleil couchant est plus radieux

Qu'un regard indéniable, frileux

 

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Soleil Couchant

 

Le Soleil radieux s'est encore couché ce soir

Dans notre éblouissante Gaspésie adorée 

En toute politesse, avec un salut et un au revoir

Pour qui sait à sa juste valeur l'apprécier 

 

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Voyage

 

C'est le début d'un somptueux voyage

Sans tourments dans nos bagages

Et, sans se du grand naufrage

Ayant dans les voiles, le vent du large.

 

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Au bord du Grand Fleuve

 

Suis-je encore de ma jeunesse

Pour vivre des moments d'ivresse

Malgré les signes du temps qui font tant de prouesses

La vie est encore messagere de sublimes promesses

 

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Un jour, je partirai

 

Un jour, je partirai vers le rivage

Très loin au-delà du temps qui passe

Je marcherai sans aucune impasse

Bien à l'abri de tous ces grands mirages

Pour ne pas faire naufrage

 

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Passe la vie

 

Ce temps qui s'enfuit ne revient jamais

Mais, on le garde bien ancré dans nos souvenirs

Continuons d'aimer la vie au-delà du devenir

En faisant, pour l'éternité, un véritable portrait.

Photo : Johanne Gagné-photographie

 

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J'ai voulu inventer des mots

 

J'ai voulu inventer des mots

Uniques comme  la mer de mon enfance

Des mots qui coulent à flots

Qui ne parle jamais d'errance

Pour en faire une toile miroir

Pour la dérouler en mille espoirs.

Création : Mylène Henry, artiste

 

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L'automne

 

Les écureuils acrobates se précautionnent

Pour apaiser leur fringale gloutonne

En saluant au passage la belle Yvonne

Qui a de profondes racines bretonnes

Rêvant de voyager en Italie, voir Vérone

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La vieille grange

 

Je m'effondre, car je suis une vieille grange

Dites-moi si je vous dérange

Avec mon allure vraiment étrange

Malgré tout, je reste coiffée de ma frange

Qui fait encore un peu ma louange

Photo : Johanne Gagné-photographie

 

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Un air de campagne

 

D'un côté, c'est la mer, de l'autre des champs

De plus, à perte de vue, des forêts, des collines

Où circule, à marée haute, une brise marine

Près des rivages, poussent des rosiers résistants 

 

Dans les pâturages, on voit des animaux paître

Le Soleil est à son zénith dans le ciel clair

C'est la simplicité d'un vrai décor champêtre

Se mariant avec les horizons sans fin de la mer

 

Création : Mylène Henry (artiste)

 

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Je viens de ce pays

 

Je viens de ce pays

Où les racines profondes

N'ont rien à envier 

Au reste du monde

Ce pays, serti de dignité, de gens d'ici

Que nos ancêtres ont défriché

Avec ardeur et volonté

Durant d'interminables décennies.

 

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Paix hivernale

 

Avec ses branches recouvertes comme emmaillotées

L'arbre ploie gracieusement sous ses ornements de neige

Qui, harmonieusement, viennent caresser le sol avec grâce

C'est un véritable enchantement, une vision magnifique

Cette paix, ce charme simple, d'un soupçon magique

Nous invitent un instant à nous recueillir, à méditer

 

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Lune de Minuit

 

Dans le ciel de pureté, luit un disque de givre,

La lune s'éveille, dans le silence elle se livre.

Sur les sapins inclinés sous un manteau de craie,

Elle pose doucement un baiser, un éclat de paix.

 

Le grand vent nordique se tait, tout est immobile,

Sous son œil nacré, tout devient plus fragile.

Joyau solitaire dans l'écrin du grand noir,

Elle guide l'errant vers le chemin de l'espoir.

 

Aucun bruit ne fait écho en cette nuit glacée,

Où toute la terre s'endort de blanc immaculé.

La Lune, reine de cristal au royaume du froid,

Veille sur le repos de ce monde qui flamboie.

 

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Nuit de miracle

 

Les vastes champs sont blancs et silencieux

Sans bruit, les alentours semblent douteux

Parfois, un loup esseulé hurle au coin d'un bois

L'hiver a fauché au sol toutes les floraisons

Le sol est dénudé, dans l'air plus de chansons

Le paysage à l'horizon nous laisse sans voix

Comme des fantômes, les arbres sont dépouillés

Que la nuit semble terrible pour nos amis ailés

Ils ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées

Des abris feuillus et chauds, ils en sont privés

Tremblants et inquiets, ils observent la Lune

Large et pâle, de disparaître, elle semble pressée

Parcourant la terre dénudée d'un regard diurne

Elle se dit qu'un miracle pourrait bien arriver

La nuit attendue de Noël pourrait tout changer

Voir passer devant moi un traîneau de bonheur

Serait certes pour moi un immense honneur

Je me dirais que cette nuit, brillerait une lueur

Qui se répandrait sur la terre dans tous les cœurs.

Le Saint-Laurent hivernal

 

Le fleuve, ce géant de cristal, s'endort sous le frimas

Traînant ses blocs d'argent comme un lourd embarras

Le vent glace les flots d'un souffle incessant de janvier 

Tandis que le ciel grisâtre s'éteint, las, presque épuisé

Sur cet immense miroir d'argent, se mire une glace infinie

Tout l'espace, si vaste soit-il, se reflète en un rêve étoilé

Chaque souffle de vent, à nos oreilles, est une symphonie

Laissant sur la surface des traces mystérieuses, voilées

Vers le vieux quai solitaire où se fixent des éclats de givre

L'eau noire semble un texte au beau milieu d'un vieux livre

C'est alors que le courant ralentit son élan très audacieux

Pour bercer doucement le repos d'un hiver trop rigoureux

Ses vagues puissantes caressent froidement le rivage

Murmurant des secrets d'une force sans fin, infinie

Née d'un souffle secret d'écume, d'un éternel voyage

Du cœur gelé de la houle à la nuit noire endormie.

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L'âme de la Gaspésie

 

Sous un ciel nacré où s'amusent les remous

Le vent sculpte les vagues sur le dos de la mer

La Gaspésie s'étend, tout en secret entre nous

Charmant ses enfants d'aujourd'hui et d'hier

Terre du bout du monde, de phares et de marins

Et, où le ciel tout entier se perd dans les lointains

La Gaspésie, parée de son beau manteau sauvage

Offre dans sa splendeur son plus élégant visage.

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Pause silencieuse

 

C'est l'hiver sans arôme ni chansons

Dans les prairies, absence de verdure 

Qui ne pointe plus vers l'horizon

Mais, prisonnière de la neige dure

 

Quelques bosquets conservent encore

Des feuilles jaunies et très fragiles

Ballottées par le vent mordant du nord

Affolées, pour elles, pas de repos tranquille

 

De plus, ces arbres solitaires et silencieux

Que tout ce tapis neigeux recouvre, isole

Ont cessé tristement de se faire entre eux

Leurs confidences intimes, les plus frivoles

 

Tout près de là, se tient droit et orgueilleux

Un lièvre fier d'être libre dans ce pays cristal 

Savourant cette fin de journée très hivernale

Et, tout ce qui est magique en cet unique lieu

 

En se couchant trop tôt, ce soir venu

Le soleil s'efface dans un ciel tout noir

C'est un paisible tableau de dortoir

Qui demain sera encore le bienvenu.

 

Voyage en toute liberté

 

Partir léger, l'âme et la tête en plein éveil

Dans la nature, sans fardeau, ni accessoires

Pour ne garder comme trésor sous le soleil

Que le tissu enivrant de son unique mémoire

Ouvrir une porte, quitter les cadenas, le monde fou

La cohue encombrante, tous ces futiles bagages

Pour entreprendre de marcher libre, le cœur doux

Vers ce monde inconnu de ses fabuleux paysages

Rien d'artificiel dans les mains, tout dans les yeux

Pour que l'esprit se concentre, tout en harmonie

Sous l'immensité et le charisme des grands cieux

Goûter, savourer enfin l'aisance, la véritable vie 

Une escale saisonnière est un trésor, un renouveau
Sans rien, ni regret qui nous pèse ou nous retienne
On devient messagers de liberté, comme les oiseaux
Pour que le monde, ailes ouvertes, nous appartienne.
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Ainsi, le rivage s'endort dans sa robe à reflets irisés

Loin du bruit de la foule et l'enchantement des étés

Dans cet immense vide nu, le silence devient le roi

Qui murmure à la mer de garder son sang-froid.

 

En musique: La plage est vide (José Dumas)

Solitude du littoral

 

L'horizon hivernal se dessine en un ruban d'argent

La plage solitaire s'abandonne au souffle du vent

Sous le ciel qui s'assombrit, plus de rayons d'or

La brise marine dans un tumulte vient du nord

 

Aucune empreinte n'a laissé sa trace sur le sol

Un goéland esseulé trace un dernier blanc survol

L'écume des vagues s'éteint en un las battement

Laissant au bord de l'eau comme un oubli du temps

 

Ainsi, le rivage s'endort dans sa robe à reflets irisés

Loin du bruit de la foule et l'enchantement des étés

Dans cet immense vide nu, le silence devient le roi

Qui murmure à la mer de garder son sang-froid.

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Magiques flocons

 

D'un gris maussade, le ciel assombrit les plaines

Comme couvertes par un doux tapis de pure laine

La nature est en alerte, le vent devient silencieux

Dans le blanc présent, les flocons font un aveu

 

Ils nous signifient que chaque flocon est une escale

Un pur souhait de voyage, tombé du firmament bleu

Qui vient déposer sur notre cœur une voilette pâle

Pour éloigner les chagrins, les jours malheureux

 

C'est une promesse à ciel ouvert, un abandon, une trêve

Où tout incarne le calme, où rien autour n'assombrit

Quand la nature hivernale ralentit, s'endort, devient rêve

Sous le charme floconneux d'un doux oubli, d'une magie

 

Même recouvert d'un élégant manteau de froidure

Le paysage s'endort avec espoir de mieux se réveiller

Et, sous le somptueux blanc, la vie relaxe, elle endure

Espérant la venue du printemps pour se métamorphoser.

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Sur les rives du passé